🦠 Qu’est-ce que la bilharziose ?
La bilharziose, aussi appelée schistosomiase, est une maladie parasitaire chronique causée par des vers plats appelés schistosomes. Ces parasites pénètrent dans le corps humain lorsque la peau entre en contact avec de l’eau douce contaminée, comme les rivières, les mares ou les canaux d’irrigation.
🎯 Le Niger, avec ses zones d’irrigation agricole et ses plans d’eau stagnants, constitue un terrain propice à la transmission, notamment dans les régions de Dosso, Tahoua, Tillabéri, et Diffa.
🔬 Comment se transmet-elle ?
Le cycle de la bilharziose est complexe, mais voici les étapes principales :
- Une personne infectée libère les œufs du parasite dans l’eau via les urines ou les selles.
- Les œufs éclosent et infectent un escargot d’eau douce.
- Le parasite se développe dans l’escargot, puis est libéré sous forme larvaire.
- Ces larves pénètrent la peau des humains exposés à cette eau contaminée.
💧 Toute baignade, lessive, ou activité agricole dans une eau non traitée augmente le risque d’infection.
⚠️ Symptômes et formes cliniques
La bilharziose évolue souvent en deux phases :
- Phase aiguë (quelques jours après l’infection) :
- Démangeaisons cutanées
- Fièvre modérée
- Fatigue, douleurs musculaires
- Phase chronique (mois ou années après) :
- Sang dans les urines ou les selles
- Anémie, retard de croissance chez l’enfant
- Douleurs abdominales, troubles urinaires
- Atteinte hépatique, rénale ou génitale grave
📌 Chez les enfants, elle entraîne des troubles scolaires, une fatigue permanente et un affaiblissement général.
📉 Données actuelles au Niger (2025)
- Plus de 1,5 million de Nigériens sont exposés à la bilharziose.
- Les zones les plus touchées sont : Gaya, Diffa, Torodi, et Magaria.
- Moins de 40% des enfants d’âge scolaire ont reçu un traitement préventif en 2024.
- La recrudescence des inondations a favorisé une nouvelle expansion du parasite en 2025.
🛡️ Prévention : les gestes simples qui sauvent
- Éviter le contact direct avec les eaux stagnantes ou non traitées.
- Porter des bottes ou des gants lors de travaux agricoles.
- Sensibiliser les enfants à ne pas se baigner dans les rivières suspectes.
- Participer aux campagnes de traitement de masse (praziquantel).
- Demander un dépistage si l’on présente des symptômes urinaires ou intestinaux inexpliqués.
💊 Traitement : un comprimé qui change la donne
Le traitement principal est le praziquantel, efficace en une seule dose contre la majorité des vers adultes. Il est gratuit dans le cadre des campagnes gouvernementales ou soutenues par l’OMS.
💡 Cependant, le manque d’accès, la peur du traitement, et l’ignorance de la maladie freinent l’éradication.
📢 Témoignages locaux
Amina, 12 ans, Zinder :
“J’avais toujours mal au ventre et je me fatiguais vite. À l’école, on m’a donné un médicament, et après quelques jours, j’ai commencé à me sentir mieux.”
Dr. Mahamane, médecin à Maradi :
“Beaucoup de patients arrivent tard. Ils pensent que c’est une simple douleur. Mais en réalité, c’est une bilharziose avancée.”
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✅ Conclusion : Une maladie ancienne, mais pas inévitable
La bilharziose au Niger n’est ni une fatalité, ni une curiosité médicale. C’est une menace bien réelle, enracinée dans la pauvreté, l’ignorance et le manque d’accès aux soins. En 2025, chaque geste de prévention, chaque traitement administré, chaque enfant protégé peut faire la différence. Il est temps de rompre le silence autour de cette maladie trop longtemps négligée.